Pascale Bigard biographe Lyon


Pascale Bigard

L’effet Me Too

Séparateur

Ces trois dernières années, j’ai été contactée par des femmes plus jeunes – la quarantaine, la cinquantaine - d’une autre génération que mes clientes habituelles.

Ces femmes jeunes ne me contactent pas pour raconter leur histoire de vie, celle qu’elles transmettront à leurs petits-enfants, mais pour dire ce qu’elles ont tu jusque-là.

Écrire la violence

Ces femmes veulent apporter leur témoignage sur la violence qu’elles ont subie, et qu’elles subissent encore parfois. Des violences physiques, sexuelles, verbales, perpétrées par un père ou un mari, parfois les deux, et qui les ont meurtries en tant que petites filles, femmes, épouses. Elles me disent souvent qu’elles ne souhaitent pas le faire lire tout de suite, peut-être le donneront-elles un jour à leurs enfants lorsqu’ils seront adultes, et peut-être ne le donneront-elles jamais. Avant tout, elles ont besoin de l’écrire pour elles-mêmes.

Autrice, et non plus victime

Pour ces femmes, écrire la violence de leur parcours, c’est plus que la raconter. C’est inscrire noir sur blanc des actes qui se sont déroulés dans l’intimité et le silence. C’est refuser leur place de victimes, en s’affirmant comme sujets. C’est s’emparer de leur propre drame et en faire quelque chose de noble : un texte. C’est devenir autrices.